La relation avec son “chez soi”

4 octobre 2017

Notre maison , en étant 100 mètres de la mer , m’invite toutes les soir à les regarder ..et hier je ne me suis pas tenue a y plonger.

Ca été une sensation tellement agréable. Et allongée sur la plage déserte, en regardant le soleil se coucher derrière les deux vertes collines en face… je pensais a la chance que j’ai d’être ici, d’avoir la possibilité de vivre dans un village de mer , dans une belle maison, avec des belles personnes. L’étrange sensation d’arriver pour ensuite partir du camp de Ritsona,  un espace de terre rempli par des caravanes et par des personnes qui stagnent en ne sachant même pas quoi attendre. Justement …. ils “attendent” , et cette condition doit les mettre dans un état psychologique pas trop agréable. Imaginons nous passer trois an, peut être dix, loin de notre pays, de notre continent même … avec peu d’affaires avec, qui nous rappellent chez nous..et surtout avec la certitude que “la bas” rien nous reste, et on ne peut pas y retourner peut être jamais, et que “ici” on n’a rien non plus.

Le vide ..

Aujourd’hui une jeune fille afghane m’a montré son dessin ou’ il y avait une phrase en anglais: “Life is important because there is life. Without it, nothing is important. If there is life we can live all together” ( La vie est importante car elle est vivante, rien est important. S’il y a de la vie, on peut la vivre, tous ensemble) .

Vivre tous ensemble est quelque chose qui se passe dans le camp de Oinofyta, que j’ai pu visiter aujourd’hui. Il est à 10 minutes de voiture de celui de Ritsona, et il est complètement différent: il n’y a pas de ISO Boxes, mais il y a un grand hangar bleu ou’ les gens vivent tous ensembles. Les espaces sont séparés par des murs , comme s’il y avait des chambres – appartements.

 L’intimité est limitée, mais dans les couloirs on peut respirer un sens de communauté beaucoup plus forte que a Ritsona. Derrière les “appartements” il y a un grand espace cuisine: une salle remplie de micro ondes (il y en a au moins une trentaines, tous noirs)et dans l’autre il y a des réchauds et des plans de cuisine…. quand je suis passé il y avait des hommes assis par terre qui faisaient chauffer quelque chose qui semblait superbe. L’importance que la cuisine peut jouer dans le partage: a Ritsona chacun-e a sa propre cuisine dans son propre isobox. De temps en temps je vois des femmes qui s’assoient dehors leur maison par terre, elles mélangent de la crème qui ressemble à du fromage ou yaourt…elles nettoient les casseroles à l’aide de la pompe d’eau ..

mais je pense qu’il y a peu de repas vraiment partagés ..ou au moins moi, personne externe, si je ne me fais pas inviter manger chez quelqu’un je ne peux pas vraiment assister à ce moment important de la quotidienneté de leur journée.

Et ici reviens une de mes fréquents questions, que j’ai retrouvé dans les réflexions de Arash le poète iranien qui a fuit son pays et qui maintenant est hébergé dans l’Hôtel City Plaza : est – il important “pousser” la vie en communauté ou il faut il accepter et respecter que l’homme a besoin d’intimité et d’un espace pour soi même? Ce n’est pas la même question quand je rencontre qualcun de mon âge qui vit dans un appart tout seul et je lui demande : comment tu fais a aimer vivre tout seul, sans d’autres personnes? Et lui il me demande exactement le contraire .

Je peux ici vous partager une autre réflexion que la vie dans le camps a fait émerger, avant de continuer vous présenter les autres parties du camp de Oinofyta. Dans le livre de Bertrand Russell “Pourquoi les hommes font ils la guerre?”  j’ai lu : “ Les âmes des hommes ont substitué la vie sauvage avec le salon; elles sont devenues étroites , futiles et déformés, comme les pieds des chinois” (ma traduction de l’italien). Cela veut dire que j’ai toujours pensé que prendre soin de son propre salon , de sa maison, son espace personnel pouvait être futile et même alimentant pour la personne , parce que ca lui enleve le temps et les énergies pour s’engager dans la société, dans la vie avec les autres … mais … en tant dans la vie quotidienne de ces personnes dans le camps, je me dis aujourd’hui que pouvoir prendre soin de son propre “chez soi” est un privilège qui va préservé. Au moins pour le temps qui passent dans ce limbo.

Un camps de réfugiés peut être vu comme une sorte de village, avec ses espaces de rencontre, ses commerces, ses espaces éducatifs, relax, activité physique, de vie.

Le jardin du camp d’Oynofyta

 Dans celui de Oinofyta on peut y trouver une gym interne et une extérieure, un camps de football, un potager collectif, un parc , une crèche ( dans un petit préfabriqué sans fenêtre), l’espace jeune,le laboratoire textile où’ ils produisent les sacs , l’espace au deuxième étage où’ on ne peut pas aller car des hommes seuls vivent tous ensemble. Le camps est composé principalement de personnes d’Afghanistan et Pakistan ( qui depuis quelque mois sont considérés des personnes provenants de pays pas en danger car pas en guerre. Certains d’entre eux sont en train de programmer une grève de la faim pour protester contre les déportations directes qui sont faites , surtout entre les gens des camps des îles grecques).

La court exterieure du camp, avec le gym au fond

Depuis un mois il y a une vingtaine de machines à laver ont été installés, sans demander si les résidents les voulaient. La réalité d’aujourd’hui est que personne les utilise. Ce petit particulier fait beaucoup réfléchir autour la méthodologie d’intervention des ONG dans une opération d’urgence: la peu demande d’implication des personnes concernées peut amener à un gaspillage d’argent important que souvent vient d’individus qui ne peuvent / ne cherchent pas à avoir un contrôle sur.

Le soir d’après ma visite au camps de Oinofyta, nous avons eu un “coordination meeting” avec tous les benevoles et salaries de I am you dans notre maison, la Dream House. Nous avons commencé par un jeux “team building” proposé par Philips : par équipes de trois, la mission était de construire la plus haute tour avec vingt spaghettis, un mètre de fil rouge, du scotch et un raisin. Ensuite Katina nous a expliqué la situation dramatique du camp de Oinofyta: il va fermer dans trois semaines, le 3 novembre exactement. Le gouvernement grec a décidé qu’il s’agit d’un espace pas apte à héberger des personnes. Pas d’indication du lieux ou les résidents pourront déménager, ni la condition de vie de ce qui resteront jusqu’au but. Nous n’avons pas encore le droit de le communiquer aux jeunes avec qui on travail, ni aux familles.

L’ambiance de la réunion n’était pas de la plus gaie mais le fait d’avoir un moment de partage et d’échange avec toute l’équipe m’est apparue indispensable. Des fois j’ai un peu du mal à communiquer en anglais , surtout avec des personnes dont cette langue est la maternelle. Mais je m’y habitue, petit à petit. Et le soleil continue à être chaleureux dans ce coin de la planète.

Le mur de l’espace jeune dans le camp de Oinofyta

Les annonces importantes des ONG aux residents du camp d’Oinofyta

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