Pourquoi le racisme ne peut qu’augmenter

Mercredi 18 octobre

La fumée de la cigarette est beaucoup plus tolérée ici en Grèce qu’en Europe Occidentale. Une preuve ? Hier soir le dentiste que j’ai consulté à cause d’une douleur lancinante depuis quelque jour, m’a reçu dans son bureau en fumant une cigarette et en sirotant son espresso freddo ! Ahahah… j’ai l’impression de faire une étude anthropologique sur les dentistes du monde entier, parce que j’ai été amenée à y aller en Argentine et en Espagne aussi ! Bref … la visite s’est bien passée. Le dentiste était marrant et très intéressé par mes récits sur le camp de réfugié. Ici les gens des villes et villages sont tous au courant de l’existence du camp de Ritsona et Oinofyta : au début quelques personnes y allaient, amenaient des objets de première nécessités … tandis que maintenant ils laissent les ONG agir … comme pour “normaliser” son existence, je dirais.

C’est vraie que quand on arrive soudain dans une nouvelle réalité, on a du mal à tout de suite capter les différentes étapes qui ont mené à cette situation : jusqu’à aujourd’hui, j’ai eu plus tendance à m’intéresser au présent et au futur du camp qu’à son passé. Mais le retour de vacances d’Emma, personne référente du camp de Ritsona pour I AM YOU, m’a permis d’avoir accès à des informations très intéressantes ! Emma est une fille suédoise de mon âge très très dynamique, passionnée par ce qu’elle fait et attentive à l’autre. Hier nous avons fait le trajet en voiture ensemble : je l’ai donc bombardée de questions mais aussi de récits et d’observations personnelles… et le fait de me confronter à l’expérience d’une salariée m’a beaucoup soulagée et aidée! Par exemple je l’ai questionnée sur l’absence d’une assemblée générale des résidents avec (ou sans) les ONG… de quel type de moyens disposent-ils pour s’exprimer, pour prendre part aux organes de décisions, d’organisation ? “ça fonctionne avec une communication informelle” me répond-elle, et en plus il faut tenir compte de la difficulté d’impliquer quelqu’un qui prévoit de partir le lendemain. Avant c’etait différents: à l’époque de la création du camps, les résidents n’étaient pas du tout satisfaits de leur condition de vie. Il n’y avait que des tentes dans un seul espace entre serpents et scorpions, sans cuisine, leurs repas étaient préparés par les militaires, il n’y avait pas d’activité proposée, ni de structure de première nécessité. Ils ont même fait une grève de la faim pendant quelque jours, afin de manifester contre la fermeture des frontières. Les gens qui étaient mécontents sont maintenant plus calmes, comme un peu résignés… et ça fait mal de réaliser ça. Mais alors, pourquoi ne pas créer avec eux des espaces d’échanges et de rencontre, où on parle et on découvre des choses sur les pays européens mais aussi sur leurs pays d’origine ? Ca serait l’occasion de donner plus de clés de compréhension aux volontaires qui travaillent avec eux et d’impliquer les résidents dans la vie de la communauté. Le camp est comme une porte d’entrée à autres pays d’Europe. J’explique ma vision à Emma : l’importance de l’intégration, de la compréhension de la culture, des traditions, de la politique, de la géographie mais aussi et surtout des lois et droits. Il est essentiel de savoir ce qu’on peut ou on ne peut pas faire dans un nouveau pays, mais il y a parfois des incompatibilités entre les lois des pays qui accueillent et les traditions des réfugiés. Pour donner un exemple qu’Emma m’a raconté : un homme afghan arrivé en Suède demande le rapprochement familial de ses deux femmes. Mais attention, il ne peut pas les faire venir toutes les deux, il doit choisir ! Choisir, pense-t-il ?! Une est malade, il ne pourrait pas l’abandonner, et la deuxième peut lui donner des enfants, alors première ne le peut pas… comment faire dans ce cas-là?  Avec Emma nous avons eu beaucoup d’échanges aussi au niveau plus global sur la situation des réfugiés : y a-t-il une solution ? Quand les gouvernements commenceront-ils à agir dans l’intérêt des plus démunis ?

Son expérience des camps de réfugiés a débutée à Igoumenitsa : camps qui s’est formé aux portes de la Macédoine au moment de la fermeture des frontières en mai 2015. En trois mois il y a eu 15 000 personnes, qui attendaient la réouverture. On lui répétait à longueur de journée : “Emma, j’ai entendu qu’aujourd’hui ils re-ouvrent la frontière” ou encore “Est-il vraie qu’Angela Merkel vient en visite ici aujourd’hui?”. Elle dit que la situation s’est améliorée maintenant, mais elle est loin d’être résolue… et il y a encore beaucoup de désespoir, même s’ils est parfois différents : il y a aujourd’hui une conscience du danger des partis d’extrême droite en Europe, en Allemagne, Pologne, Italie, Grèce…

À mon avis, actuellement, le racisme ne peut qu’augmenter si on considère que personne ne nous explique quelles sont les différences entre nous tous, dans les différents domaines de la vie quotidienne. Par exemple si notre enfant est frappé à l’école par son camarade afghan on pourrait généraliser ce comportement violent à tous les afghans, sans nous demander pourquoi et comment ils réagissent comme ça. Quel rôle a peut avoir l’habitude par exemple, ou le comportement des proches, dans le village… à quel niveau le trajet pour venir ici ou encore le temps passé dans un nouveau camps de réfugiés peut jouer sur le comportement des individus. 

Cela concerne également la relation que les résidents du camps ont aux déchets et à l’environnement qui les entoure…  à certains endroits, le camps est jonché de mégots, bouteilles en plastique, sacs, papiers, canettes, beaucoup de choses par terre, en face des maisons, dans les rues, dans les champs aux alentours. Comment agir pour leur faire comprendre que respecter l’environnement dans lequel on vit, choisi ou non, apprécié ou non, c’est important ? Les volontaires des ONG pourraient déjà être un exemple : pas pour “faire la morale” mais leur montrer comment ça se passe dans nos pays : ne pas jeter les cigarettes par terre, recueillir les déchets, reprendre un gamin quand il se jette par terre … Est-ce-que des affiches avec la durée de vie des déchets pourrait être utile?  Des équipes de volontaires de la croix rouge font le tour du camp pour recueillir les déchets assez régulièrement, mais il y a beaucoup d’actions pour “guérir” et peu pour “prévenir” (à part des conseils attachés aux portes des iso boxes). C’est quand même très délicat de leur “apprendre” le respect dans un système qui ne les respecte pas !

Au delà des réflexions plus globales, ma mission concrète avec les enfants se passe plutôt bien ! Je commence vraiment à m’attacher à eux. J’ai la possibilité tous les jours d’observer des choses incroyables : par exemples leur tendance à ouvrir leur livre de droite à gauche…

Je me suis attachée aussi à deux mineurs kurdes de 15 ans, les deux qui m’avaient aidé à cuisiner les pâtes. Leur anglais est très rudimentaire mais on passe de bons moments ensemble et ils m’aident tous les jours à terminer le puzzle que les enfants n’ont pas fini. Je voudrais faire quelque chose pour eux, ils sont complètement seuls et dans le camps ils galèrent car les autres jeunes parlent arabe et les volontaires aussi, mais pas kurde. Ils ne savent pas où aller, et ils ont des difficultés à s’intégrer. Je les imagine dans un pays comme l’Allemagne, ou la France, et j’ai du mal à être positive sur leur avenir.

La relation avec son “chez soi”

Notre maison , en étant 100 mètres de la mer , m’invite toutes les soir à les regarder ..et hier je ne me suis pas tenue a y plonger.

Ca été une sensation tellement agréable. Et allongée sur la plage déserte, en regardant le soleil se coucher derrière les deux vertes collines en face… je pensais a la chance que j’ai d’être ici, d’avoir la possibilité de vivre dans un village de mer , dans une belle maison, avec des belles personnes. L’étrange sensation d’arriver pour ensuite partir du camp de Ritsona,  un espace de terre rempli par des caravanes et par des personnes qui stagnent en ne sachant même pas quoi attendre. Justement …. ils “attendent” , et cette condition doit les mettre dans un état psychologique pas trop agréable. Imaginons nous passer trois an, peut être dix, loin de notre pays, de notre continent même … avec peu d’affaires avec, qui nous rappellent chez nous..et surtout avec la certitude que “la bas” rien nous reste, et on ne peut pas y retourner peut être jamais, et que “ici” on n’a rien non plus.

Le vide ..

Aujourd’hui une jeune fille afghane m’a montré son dessin ou’ il y avait une phrase en anglais: “Life is important because there is life. Without it, nothing is important. If there is life we can live all together” ( La vie est importante car elle est vivante, rien est important. S’il y a de la vie, on peut la vivre, tous ensemble) .

Vivre tous ensemble est quelque chose qui se passe dans le camp de Oinofyta, que j’ai pu visiter aujourd’hui. Il est à 10 minutes de voiture de celui de Ritsona, et il est complètement différent: il n’y a pas de ISO Boxes, mais il y a un grand hangar bleu ou’ les gens vivent tous ensembles. Les espaces sont séparés par des murs , comme s’il y avait des chambres – appartements.

 L’intimité est limitée, mais dans les couloirs on peut respirer un sens de communauté beaucoup plus forte que a Ritsona. Derrière les “appartements” il y a un grand espace cuisine: une salle remplie de micro ondes (il y en a au moins une trentaines, tous noirs)et dans l’autre il y a des réchauds et des plans de cuisine…. quand je suis passé il y avait des hommes assis par terre qui faisaient chauffer quelque chose qui semblait superbe. L’importance que la cuisine peut jouer dans le partage: a Ritsona chacun-e a sa propre cuisine dans son propre isobox. De temps en temps je vois des femmes qui s’assoient dehors leur maison par terre, elles mélangent de la crème qui ressemble à du fromage ou yaourt…elles nettoient les casseroles à l’aide de la pompe d’eau ..

mais je pense qu’il y a peu de repas vraiment partagés ..ou au moins moi, personne externe, si je ne me fais pas inviter manger chez quelqu’un je ne peux pas vraiment assister à ce moment important de la quotidienneté de leur journée.

Et ici reviens une de mes fréquents questions, que j’ai retrouvé dans les réflexions de Arash le poète iranien qui a fuit son pays et qui maintenant est hébergé dans l’Hôtel City Plaza : est – il important “pousser” la vie en communauté ou il faut il accepter et respecter que l’homme a besoin d’intimité et d’un espace pour soi même? Ce n’est pas la même question quand je rencontre qualcun de mon âge qui vit dans un appart tout seul et je lui demande : comment tu fais a aimer vivre tout seul, sans d’autres personnes? Et lui il me demande exactement le contraire .

Je peux ici vous partager une autre réflexion que la vie dans le camps a fait émerger, avant de continuer vous présenter les autres parties du camp de Oinofyta. Dans le livre de Bertrand Russell “Pourquoi les hommes font ils la guerre?”  j’ai lu : “ Les âmes des hommes ont substitué la vie sauvage avec le salon; elles sont devenues étroites , futiles et déformés, comme les pieds des chinois” (ma traduction de l’italien). Cela veut dire que j’ai toujours pensé que prendre soin de son propre salon , de sa maison, son espace personnel pouvait être futile et même alimentant pour la personne , parce que ca lui enleve le temps et les énergies pour s’engager dans la société, dans la vie avec les autres … mais … en tant dans la vie quotidienne de ces personnes dans le camps, je me dis aujourd’hui que pouvoir prendre soin de son propre “chez soi” est un privilège qui va préservé. Au moins pour le temps qui passent dans ce limbo.

Un camps de réfugiés peut être vu comme une sorte de village, avec ses espaces de rencontre, ses commerces, ses espaces éducatifs, relax, activité physique, de vie.

Le jardin du camp d’Oynofyta

 Dans celui de Oinofyta on peut y trouver une gym interne et une extérieure, un camps de football, un potager collectif, un parc , une crèche ( dans un petit préfabriqué sans fenêtre), l’espace jeune,le laboratoire textile où’ ils produisent les sacs , l’espace au deuxième étage où’ on ne peut pas aller car des hommes seuls vivent tous ensemble. Le camps est composé principalement de personnes d’Afghanistan et Pakistan ( qui depuis quelque mois sont considérés des personnes provenants de pays pas en danger car pas en guerre. Certains d’entre eux sont en train de programmer une grève de la faim pour protester contre les déportations directes qui sont faites , surtout entre les gens des camps des îles grecques).

La court exterieure du camp, avec le gym au fond

Depuis un mois il y a une vingtaine de machines à laver ont été installés, sans demander si les résidents les voulaient. La réalité d’aujourd’hui est que personne les utilise. Ce petit particulier fait beaucoup réfléchir autour la méthodologie d’intervention des ONG dans une opération d’urgence: la peu demande d’implication des personnes concernées peut amener à un gaspillage d’argent important que souvent vient d’individus qui ne peuvent / ne cherchent pas à avoir un contrôle sur.

Le soir d’après ma visite au camps de Oinofyta, nous avons eu un “coordination meeting” avec tous les benevoles et salaries de I am you dans notre maison, la Dream House. Nous avons commencé par un jeux “team building” proposé par Philips : par équipes de trois, la mission était de construire la plus haute tour avec vingt spaghettis, un mètre de fil rouge, du scotch et un raisin. Ensuite Katina nous a expliqué la situation dramatique du camp de Oinofyta: il va fermer dans trois semaines, le 3 novembre exactement. Le gouvernement grec a décidé qu’il s’agit d’un espace pas apte à héberger des personnes. Pas d’indication du lieux ou les résidents pourront déménager, ni la condition de vie de ce qui resteront jusqu’au but. Nous n’avons pas encore le droit de le communiquer aux jeunes avec qui on travail, ni aux familles.

L’ambiance de la réunion n’était pas de la plus gaie mais le fait d’avoir un moment de partage et d’échange avec toute l’équipe m’est apparue indispensable. Des fois j’ai un peu du mal à communiquer en anglais , surtout avec des personnes dont cette langue est la maternelle. Mais je m’y habitue, petit à petit. Et le soleil continue à être chaleureux dans ce coin de la planète.

Le mur de l’espace jeune dans le camp de Oinofyta

Les annonces importantes des ONG aux residents du camp d’Oinofyta

Ritsona, le camp des demandeur d’asile qui attendent

Chalkida

A une heure de train d’Athènes, j’arrive ce dimanche après midi à Chalkida, ville balnéaire qui est reliée par un pont à la deuxième plus grande île de Grèce: Elvia.

Philips et Hugo viennent me chercher à la gare et me ramènent à la Dream House! Une grande villa à une centaine de mètres de la mer, louée par les bénévoles de l’ONG suédoise, I am you, pour laquelle je vais faire du bénévolat. La famille qui y vivait a du partir pour un moment à cause de difficultés économiques. Je partage ma chambre avec Katie, une institutrice anglaise de 31 ans, qui a prévu de rester 3 mois pour donner des cours d’anglais au camp.

Mes nouveaux colocs sont : Hugo, espagnol, Katie, Polly – jeune anglaise étudiante de psychologie à Rotterdam avec son copain italien Lorenzo. Lorenzo qui est en train d’écrire son mémoire, dans le sous-sol, sur le changement climatique et les interactions avec la psyché humaine. Neil, un homme âgé de 67 ans, bénévole comme enseignant d’anglais à la retraite a déjà eu une expérience de volontariat dans le camp de réfugiés de Dunkerque en France. Et Philip, polonais résidant en Suède, étudiant en Master de migrations internationales en stage chez I am you comme coordinateur des bénévoles. Comme vous savez, je suis ici pour faire des activités de volontariat avec des personnes migrantes, pour le moment accueillies dans un camp de réfugiés (ou pour mieux dire “camp de demandeurs d’asile, car le terme “refugie” designe qui possede deja le statut). Celui-ci s’appelle Ritsona et il se trouve à 25 minutes de notre maison. On s’y rend en voiture avec une partie des colocs tandis que l’autre partie et les volontaires qui résident dans la “Beach House” (car elle donne directement sur la plage)  rejoignent un autre camp, Oinofyta, un peu plus loin. L’association I am you agit dans les deux camps depuis un an et demi. En ce qui concerne son historique, ses objectifs et ses caractéristiques vous pouvez trouver tous les détails sur leur page internet :www.iamyou.se. Pour résumer : un chanteur de rap suédois Damian Ardestani et Rebecca Reshdouni, tous les deux  réfugiés depuis une vingtaine d’années, ont créé l’association suite à leur voyage sur l’île de Lesvos en 2015. Ils ont pu être témoins d’une véritable crise humanitaire, pendant laquelle plus d’un million de personnes ont risqué leur vie pour rejoindre les côtes grecques, et 3735 ont été portées disparues. Ils ont donc commencé à recueillir de l’argent pour créer des structures d’aide d’abord sur l’Île de Lesvos. Ils ont dû déménager sur le camp de Ritsona et Oinofyta, à la suite des accords entre Grèce et Turquie de mars 2017 stipulant que le camps de Lesvos est devenu un camps d’urgence interdit aux ONG internationales.

Un container avec le materiel pedagogique

I am you est une ONG qui se focalise sur la relation de l’homme avec l’homme , avec le but de protéger les droits individuels pendant les crises humanitaires. Leur philosophie: “changer le monde, un individu à la fois”. Dans l’équipe des salariés il y a Katina (moitié grecque et moitié anglaise), – directrice, Giulia (italienne)- la coordinatrice des activités d’éducation, Emma (suedoise)- responsable des volontaires et de la logistique du camp, George (grec)- responsable des finances, Eleni (grecque) responsable des besoins hospitaliers, Virginie (française)- responsable de l’espace jeune dans le camps de Oinofyta. Ils sont accompagnés au quotidien par une solide équipe de bénévoles, qui rejoignent leur mission en prenant en charge les transports, le logement et la nourriture, à des prix minimes mais existants.

Gaffiti a l’entree du camp de Ritsona

De novembre 2016 à mai 2017 les résidents de Ritsona étaient logés dans des tentes avec des repas offerts et cuisinés par l’armée grecque. Ensuite, un homme riche d’Arabie Saoudite a acheté et donné au camps des préfabriqués, appelés “iso boxes”. Ils sont équipés de cuisine individuelle, d’une chambre avec des lits, d’une toilette et d’une salle de bains. Une des salariés de I am you m’a raconté qu’une fois les iso boxes installées, les résidents continuaient à vivre dans les tentes, mais quand ils ont su que le donateur Saoudien venait rendre visite au camps pour voir la situation, ils ont tous déménagé super vite ! Elle m’a dit qu’elle n’avait jamais vu les choses se faire avec une telle rapidité ! Tout le monde collaborait et les travaux ont été super efficaces. C’est peut-être pour cela que la disposition des “maisons” n’a pas été trop réfléchie : elles sont aujourd’hui en files, comme des habitations à l’anglaise avec des petites rues , et non pas en carré avec des espaces communs au milieu, qui faciliterait la création d’une communauté. Cela est sujet à certaines critiques parmi les volontaires et les résidents. Quand j’ai fait ma demande pour venir ici j’étais intéressée par les cours d’anglais aux adultes et les activités avec les jeunes entre 15 et 25 ans.

La classe des cours d’anglais

Cela n’a pas été possible, donc je me retrouve à m’occuper du “pre-school”, avec les enfants entre 2 et 5 ans. Ils sont répartis dans des classes par âge: de 10h à 12h avec les 4 et 5 ans, de 12h à 13h avec les 3 ans et de 14h à 15h avec les 2 ans. Je vais dédier un chapitre entier à l’éducation dans le camps, car cela est un sujet sur lequel j’aurai beaucoup de choses à dire, qui sont, en plus, très en lien avec les activités de Latitudes. Mon expérience professionnelle me porte à avoir un regard assez profond et parfois critique, donc je préfère ne pas m’étaler.

La sortie de classe

L’ISOBOX de la Creche du camp

Je précise que le but de notre activité n’est pas seulement d’entretenir les enfants et libérer les parents mais principalement de transmettre des règles de comportements pour “bien vivre ensemble” et les préparer à la vie dans un pays occidental.Le choix de la maîtresse Giota est donc de les préparer à ce système sinon ils seraient complètement “en dehors des normes”.Lors de ma première journée j’ai pu aussi découvrir les autres activités des bénévoles de I am you : les cours d’anglais. L’association essaie de proposer des cours de langue pour les différents niveaux mais avec un peu de difficultés à trouver des gens intéressés. En effet, ils ne voient pas trop d’intérêt à apprendre une langue s’ils ne savent pas encore dans quel pays ils vont aller. Dans le cours il y avait un avocat syrien de 40 ans, père de trois enfants. Il est très cultivé et curieux. Il gère la bibliothèque du camps, ouverte trois après midi par semaine, où les résidents peuvent emprunter des livres en arabe et en anglais ! Je découvre en fin de journée que parmi mes missions, j’ai aussi celle de développer l’heure de conversation en anglais prévue de 15h à 16h. J’ai pour programme d’adapter les outils que nous avons créés à Latitudes pour les primo arrivants, afin de rendre les interventions plus ludiques et afin de pouvoir échanger sur la culture occidentale en général, la démocratie, la citoyenneté, les religions et les rapports interculturels. J’espère réussir!

Les gens disent que le camp de Ritsona est aujourd’hui un des meilleurs, en terme de condition de vie, d’organisation et d’actions des ONG. Il y a en beaucoup en effet :

A commencer par IOM , principale organisation intergouvernementale en matière de migrations dans le monde, avec 166 états membres et présente dans plus de 100 pays. Dans le camps, elle gère les besoins des résidents, les arrivées, les départs, l’accueil et l’organisation.“La Croix Rouge”, quant à elle, s’occupe des aspects liés à la santé et gère aussi la “safe zone”: des iso boxes accueillants une vingtaine de mineurs non accompagnés.“Light house”, elle, est une ONG norvégienne qui est en charge du planning des activités du “youth space”, avec les enfants entre 6 et 15 et 18 ans,  ainsi que du “women space”.Cafe Rits” s’occupe de la vente de nourriture de première nécessité et de l’organisation des fêtes dans le camps. Il y a deux mois il y a eu un mariage!! Les deux filles de “Foolish” proposent des ateliers d’art thérapie pour tous âges et sexes avec des cours mixtes et non mixtes. Et enfin, “Cross-Cultural Solutions” gère l’espace laverie et la distribution gratuite de bouteille d’eau et de lait.

L’espace jeunes

 

 

 

 

 

 

Ce qui m’a surpris à mon arrivée dans le camp a été la non-interaction entre les différents espaces et  les personnes de chaque ONG. Cela est surement dû au fait que les personnes changent souvent. Je n’ai pas reçu d’accueil chaleureux et parfois des présentations auprès des personnes n’ont pas été faites. J’ai bien compris que je dois donc agir par moi-même pour entrer en contact avec les différentes réalités ! Lors de ma première journée à Ritsona j’ai pu observer une scène qui, apparemment, est très rare, mais qui m’a permis de voir des éléments importants du fonctionnement d’un camp et de la politique des réfugiés en Grèce :  une évacuation des ONG du camps!  Cela a été demandée par UNHCR car au moment de la distribution du “cash money” aux résidents il y a eu des réactions assez violentes de la part de certains qui n’ont pas jugé juste la répartition. Certains d’entre eux ont commencé à jeter des pierres vers des membres de l’UNHCR qui ont suggéré à toutes les ONG et leurs membres de quitter le camps pour éviter des révoltes. Je suis restée incrédule mais ignorante de ce qui se passait. J’ai suivi les ordres. J’ai découvert dans la soirée que la Grèce, suite aux accords avec la Turquie,  est aujourd’hui une sorte de “laboratoire” d’un système européen qui permet aux personnes demandant l’asile d’avoir une carte de crédit qui est rechargé tous les mois de 90 euros par personne ou plus si les repas ne sont pas garantis. Pour avoir plus d’infos sur ce système voici le lien d’un article : ICI . Encore une fois, une preuve de comment cette crise de réfugiés est provoquée par notre société libérale, capitaliste et centrée sur elle-même. Et comment elle-même en reçoit les bénéfices.

Moi et Polly dans le cafe du camp

 

Hotel City Plaza –  Un projet d’urgence politique et sociale

Mardi 26 septembre 2017

« Here we want to give the opportunity to people to find things by themselves. They can find together a solution. We want to be an example to everyone that it is possible”. Nassim

La facade de l’Hotel City Plaza

Pour mieux comprendre la genèse de l’occupation, le projet, ses valeurs, ses difficultés et ses objectifs, Nassim m’a invité à participer à une des réunions d’information dans la cour de l’hôtel qui ont lieu tous les jours à 17h. Cela permet aux nouveaux bénévoles de poser toutes les questions qu’ils souhaitent, mais surtout de regrouper dans un seul moment toutes les informations à donner aux personnes curieuses qui passent par l’hôtel souvent juste pour un selfie, ou une petit coucou.

Au premier étage de l’Hotel City Plaza (les ascensor ne marchent pas et les résidents du 7ème étage ont une longue marche a faire! )

Les couloirs de l’Hôtel City Plaza

Nassim est le réfèrent des bénévoles internationaux et la personne avec qui Anastasia m’avait mis en contact en me parlant du City Plaza et en m’encourageant à aller y passer quelques jours. Il est afghan, il est venu en Grèce en tant que réfugié il y a 20 ans et depuis il est devenu militant, en particulier dans un squat de Exarchia (le quartier anarchiste de la capitale grecque) et il participer au projet de l’occupation depuis le début. On peut lire sur son visage un peu de fatigue, mais quand il parle il a envie de transmettre de la confiance de l’action de l’équipe, et il souligne plusieurs fois : «  Notre projet veut être un exemple de ce que la société civile peut faire avec les bâtiments inutilisés. Mais nous ne voulons absolument pas prendre la place de l’état, qui doit prendre ses responsabilités et mettre en place des solutions concrètes ». L’idée de l’occupation est née pendant les années des révoltes 2013/2014 : des assemblées publiques « des voisins » avaient lieu afin d’échanger sur les problématiques concrètes et quotidiennes de l’espace que plusieures personnes partageaient. Le manque de structure d’accueil était une urgence, pour tout le monde en état de difficulté. Des aides s’organisent: don d’objets, cours de langue, aide scolaire, etc… L’hôtel City Plaza était fermé depuis 7 ans. Propriété d’une riche femme grecque, il a été pris en main par l’Etat grec et fermé suite à une faillite économique. Depuis pas de mouvements. En avril 2016, les forces s’unissent et les chambres des 7 étages de l’Hôtel sont occupées! La sélection des personnes qui peuvent bénéficier d’un lit au Plaza n’est pas simple à faire. Aujourd’hui, les critères principales sont: le respect de la mixité de nationalités, de genre, de personnes qui sont dans le besoin et d’autres qui peuvent mettre à disposition leur compétences (docteurs, enseignants, cuisiniers, etc…). Il y a 12 autres bâtiments occupés dans tout Athènes par des réfugiés, mais City Plaza est le plus médiatisé et organisé car il travaille son image afin d’amener une lutte politique importante auprès des médias, politiques et la communauté internationale. Nassim nous dit qu’il y a 11 millions de bâtiments inhabités dans toute l’Europe. La plupart se trouve dans les mêmes conditions que le City Plaza: dans les mains de l’Etat suite à une faillite d’un privé. Les négociations prennent beaucoup de temps avant qu’une décision soit prise et avant que ces bâtiments puissent être à nouveau utilisés et habités. Les militants du City Plaza sont aujourd’hui déterminés à amener une campagne pour résoudre ce type de problématique, afin de trouver des solutions pour donner un toit à tout le monde ! Pour dénoncer et trouver une solution à un des nombreux paradoxes de la société actuelle.

Les ados dans le bar de l’Hôtel City Plaza

City Plaza ne reçoit pas de financements publics, mais survit grâce aux dons en argent et des convois de matériel qui partent de partout en Europe avec des vêtements, nourritures, objets … que chaque jour un volontaire doit ranger dans les dépôts, numéroter, etc… Ils disent qu’il y a plus de choses que nécessaire, mais cela montre l’appui solidaire, et ça fait chaud au cœur. Il faut par contre, par fois, bien expliquer aux résidents que ce n’est pas parce qu’il y a beaucoup de vêtements, qu’on peut jeter ce qu’on utilise à la place de les nettoyer, précise une des volontaires plus active, Maria, d’Espagne.

Les résidents partagent tout en commençant par les repas. La grande cuisine de l’Hôtel permet à l’équipe déterminée par les différents créneaux (toujours mixte entre résidents réfugiés, résidents volontaires et autres personnes externes) de préparer des plats de toutes origines et styles. Entre 14 et 15h et entre 20h30 et 21h30 chacun.e se présente aux portes de la cuisine avec la feuille jaune marquant le numéro de la chambre et le nombre de personnes qui ont besoin d’un repas. Sans celui-ci, les bénévoles n’ont pas le droit de donner le plat, car c’est important de respecter le cadre mis en place, et éviter les abus ou le gaspillage (ça a été assez difficile de me soumettre à cette règle quand j’ai été en charge seule de la distribution!!). Les produits de nettoyage pour les espaces communs, privés et pour le corps sont également partagés et mises à dispositions pour tout le monde. Cela a un coût estimé de 1 euro par jour, qui est nettement inférieur à celui estimé par les ONG dans les camps de réfugiés en Grèce qui est de 5,30 euros (information reçue par Nassim). Le fait de le préciser veut être un clin d’oeil de prévention contre la corruption ou le surplus que les aides humanitaires peuvent générer.

Dans la cuisine l’équipe des bénévoles prépare le repas pour 400 personnes!

L’Hôtel n’a pas d’opposants: il est bien toléré par la municipalité, qui l’interprète comme une solution économique et confortable à la présence de Homeless dans les rues de la capitale. Depuis peu, la propriétaire exerce une légère pression pour se réapproprier le bâtiment, mais pour l’instant elle n’a pas encore la légitimité de réappropriation de n’importe quelle activité à l’intérieur. Les voisins ne mettent pas de bâtons dans les rues, bien que la présence de fascistes dans le quartier puisse mettre un peu la pression aux résidents, de temps en temps. Bien sûr, il y a beaucoup de règles de vie qui doivent être posées, comme dans chaque communauté ou groupe social. Cela a été construit avec le temps, et de façon la plus collective possible.

Un résident afghan, moi et un autre bénévole portugais à l’accueil de la cuisine, prêts pour donner les repas !

Comme déjà mentionné, l’Hôtel City Plaza n’est pas donc seulement un lieu d’hébergement mais surtout un lieu politique de dénonciations, de rencontres, d’informations. Ici, on donne la possibilité à tou-te-s d’être un « habitant » c’est-à-dire d’aménager son espace – l’une des chambres de l’hôtel – en fonction de ses propres besoins et de ses propres usages et on favorise la possibilité, pour chacun-e, de se comporter comme un habitant de l’espace partagé. Chaque résident (ou un référent par famille) s’engage au moment de son entrée à dédier au moins 7 heures de son temps par semaine aux tâches de vie courante de l’Hôtel. Si cela n’est pas respecté, ou trop souvent oublié il-elle peut être expulsé, comme aussi dans le cas de violence et de discrimination.

Je peux admettre que ce projet fonctionne avec une force unique et incroyable, avec ses forces et ses limites. Et je ne le dis pas seulement par ce que j’ai pu entendre et voir, mais car j’ai pu le tester et l’incarner: je me sens chez moi quand je rentre et que je fais les escalier, quand j’arrive à dire bonjour à la plupart des personnes que je ne connais pas mais que j’ai peut être déjà croisé et qui sont habitués à de nouveaux visages, solidaires et avec leur cause et pas seulement là pour aider mais pour co-construire ensemble une solution. Je peux me porter bénévole quand je le souhaite et pour faire ce dont j’ai envie. Les gens me font confiance et je ne ressens absolument pas de hiérarchie. Les bénévoles sont nombreux et très différents, ils se font confiance les un.s les autres, on communique par un groupe whatsapp sur chaque urgence ou changement de plans et peu importe qui tu es, pourquoi tu es la, pour combien de temps: si tu y es, tu fais partie de l’equipe! Et si on veut se connaître un peu plus, il y a même la possibilité de se voir en dehors des murs du City Plaza et boire des coups dans la rue Tsamadou, en Exarchia, autogéré par les volontaires de l’hôtel, celui-là aussi!!

Encore une fois donc, comme Latitudes le défend,  si l’on donne la possibilité à chacun-e d’être acteur de son propre destin et que l’on y réfléchit ensemble, tout prend plus de sens et on va plus loin!

A l’intérieur du bar autogéré par les bénévoles du City Plaza

Carnet de voyage … le debut!

Mercredi 21 Septembre 2017

En marchant hier dans les rues d’Athènes, je réfléchissais à comment faire en sorte que tout ce que j’avais pu observer, vivre, connaître ce jour même ne reste pas seulement dans ma tête. Depuis mon arrivée en Grèce, il y a une semaine, je vois des choses que je n’avais jamais vues avant, je me fais surprendre par cette énorme ville qui cache des personnes en souffrance à tous les coins de rues, des jeunes, vieux, femmes, hommes, familles … des personnes d’ici, des gens d’ailleurs.

J’ai donc pensé au « Carnet de voyage », que l’on a toujours voulu mettre en place avec l’asso Latitudes… je me souviens avoir demandé à des personnes partant en voyage de nous transmettre des récits, de partager les impressions, réflexions, images … et voici donc ma première tentative…que j’espère pouvoir faire vivre pendant ce mois et demi de volontariat en Grèce. Je serai d’abord dans un hôtel occupé par 400 refugiés et pour un mois dans un camp refugié géré par l’association « I am you ».

J’ai lu un article ce matin écrit par une française qui était en visite à l’hôtel City Plaza (l’Hotel où je donne un coup de main cette semaine) et qui a décidé de quitter son pays après s’être battue contre le démantèlement de la « jungle » de Calais. Elle dit à propos de la condition du monde aujourd’hui : «  on perd ce qu’il y a de puissance dans toute « con-frontation » : le petit préfixe apparemment insignifiant du « cum » : l’avec ? Faire avec l’autre, se faire avec les autres : cela semble être devenu l’impossible d’un espace de plus en plus frontiérisé au sein duquel toute possibilité de composition hétérogène – composition qui, pourtant, est caractéristique de tout « peuple » – est sans arrêt « démantelée »

Un graffiti dans le quartier d’Exarchia

J’ai donc envie de faciliter la transmission d’informations pour que la construction d’un « monde plus juste, solidaire et unie» soit plus facile et moins utopique. Car il est nécessaire d’aller au-delà des informations vides que nous

transmettent les médias, et de contribuer aux efforts que la société civile fait quotidiennement pour apporter des solutions aux injustices de cette planète. Et l’injustice dont nous parlons ici est celle des mouvements migratoires et des conditions inhumaines que des nombreuses personnes sont obligées de supporter juste parce que nées dans un coin de la terre loin d’ici.  Ça m’arrive de plus en plus de me sentir « sale » dans ce corps de blanche européenne.

Drapeau dans la place principale d’Exarchia, preuve que cette espace de la ville est un oasis de solidarité et de lutte sociale

D’avoir la sensation de contribuer malgré tout à la tyrannie des plus riches sur les plus pauvres, des plus chanceux sur les plus démunis. Et même si je suis consciente qu’il s’agit d’une condition qui se répète depuis toujours, et même que des gros progrès ont été fait par rapport au passé, etc… cela ne suffit pas pour étouffer mon envie de crier fort, afin de faire sortir ma peur, mon dégoût, afin de secouer toute personne qui se plaint dans sa vie tranquille parce que le café servi au restaurant était trop froid ou que les embouteillages sont trop denses. Ok ok, je vais essayer de partager mes pensées toujours dans un esprit de « non jugement », en sachant que les personnes qui ne s’intéressent pas à ce qui se passe dans le monde n’ont très probablement pas les moyens de le faire ou les clés de compréhension de la gravité de certaines situations. Ou encore, je suis pleinement consciente qu’il y a différents niveaux d’action pour le changement et que chacun.e d’entre nous cherche et choisit celui qui lui convient le mieux: la sensibilisation, l’urgence, la recherche, le service à la personne … Le travail à Latitudes m’a beaucoup aidé à me permettre de canaliser mes énergies et mes efforts, qui maintenant rejaillissent dans tous les sens ! 

dav

Les livres qui m’accompagnent pendant ce voyage sont : « Pourquoi les hommes font la guerre » de Bertrand Russel, et Mes voyages avec Hérodote de Ryszard Kapuściński. Dans ce dernier, l’auteur raconte dans quelle façon Hérodote, le premier reporter de tous les temps, voulait toujours préciser que ce qu’il pouvait raconter de ses voyages était toujours le fruit de son regard, et que jamais il ne voulait être source de vérité absolue. Voilà, comme seront mes récits aussi.  Le fait par contre d’écrire en français me bloque un peu… car j’ai déjà un peu oublié la langue, mais aussi car je suis un peu en colère contre ce pays, qui réagit à cette urgence internationale avec la fermeture des frontières (fermeture physique que j’ai pu observer avec mes yeux à Ventimille il y a un mois : les voitures sont contrôlées une par une par les CRS, le coffre ouvert et les questions posées !!! ) Mais je reste consciente que la France peut encore se sauver de toute dégradation politique , sociale et en matière de droit qui peut vivre en ce moment.  Et puis c’est avec Latitudes que j’ai pu cultiver mon élan de solidarité et où j’ai acquis la confiance et les outils pour le traduire en choses concrètes, comme cette expérience que j’ai choisi de vivre.

Je vais donc commencer par vous envoyer des photos d’Athènes, ville qui souffre et qui lutte. Là, je dois courir au « Solidarian meeting » à City Plaza, que je vous présenterai dans les prochains jours !

Une forte pensée Avignon et à vous tout-te-s !

Giulia

La place principale du quartier Exarchia , lieux de manifestations, de rencontres intergénérationnels et interculturels

Posters et images dans les toilettes d’un bar du quartier anarchique d’Exarchia